Voyages

Retour au Laos

C'est à Xénon que je passerai ma première nuit de mon retour au Laos ensuite direction l'ouest par la route 9E pour rejoindre la route 13 qui me conduira vers le nord Laotien.

Xepon, Savannakhet, Thakhek, Pakxan, Vientiane capitale du Laos, c'est sous un soleil de plomb que j'ai parcouru ces 1000km aux travers de rizières asséchées , une immense plaine ou pendant ces 11 jours  sans ombre il est impossible de rouler l'après midi.

Vientiane, Luang : partant en bus j'assiste à un spectacle formidale: le vélo mis dans la soute c'est à 5h30 du matin que je pars en  bus. Beaucoup de sièges de vides mais j'ignorais que sur son passage il ramasserait un bon nombre d'autochtones avec leur bagages, des légumes pour aller les vendre au marché quelques km plus loin, mais aussi plusieurs sacs de 30kg de riz voir même poule et poulet. Un spectacle typiquement Laotien. Je comprends maintenant pourquoi 3 personnes sont au service du chauffeur. Le chauffeur roule et je devrais dire slalome entre tracteurs, mobylettes et troupeaux de vaches. Ce périple durera 12h avant d'arriver à bon port.

 

Pak Mong , Oudom Xai 74 km en 10h

Départ sous une pluie fine avec une journée difficile 2 cols à passer dont un à 1500m d'altitude. Plus les km défiles plus la route est du gruyère et c'est sur une piste terreuse que j'arrive. Les difficultés commencent et ne me quitterons plus de la journée, cette piste en terre alliée à la pluie fine la transforme en patinoire. Par endroit les camions n'arriveront pas à monter et ceux qui descendent, même au pas, arrivent à se mettre en crabe. Pour ma part et bien qu'à vélo je ne suis pas en reste me retrouvant à plusieurs reprises en crabe aussi. Ne pouvant pédaler trop fort je ne ferai que 30km en 4h la descente fut dur dur. Ma formation de vttiste me rendra service, mais avec de grosses frayeurs par moment. Dans le 2eme col la pluie redoublant de violence c'est dans un torrent de boue que je ferai l'ascension (voir photo). Plus de vitesse le dérailleur est pris dans la boue. Cette route est répertoriée "route nationale" sur ma carte et bien je n'ose imaginer l'état des routes secondaires.

Lao Bao poste frontière

Ce matin 22km me sépare de la frontière du Laos (Lao Bao poste frontière côté vietnam). La montée de 12km de la veille, depuis le changement de direction route 9, laisse place ce jour à une montée de 11km .

Frontière du Laos : c'est en un temps record (50mn) que je passerai la frontière ce qui me fera arriver au point  prévu en tout début d'après midi ou mon compteur marque 41 degrés celsus. 

Départ 6h température 26 degrés je sens une journée bien compliqué par la chaleur. Je ne me suis pas trompé une journée difficile et sans intérêt touristique au milieu des rizières complètement arides de chaque côté de la route 9. Je retrouve le calme et la sérénité du lieu mais aussi des routes défoncées (les routes du sud Vietnam sont bien meilleures que celle du nord). J'ai le vent de face toute la journée et pour une fois je l'apprécie m'apportant de l'air frais avec aussi parfois des bourrasques de chaleur.

Le vent + l'état des routes + la chaleur 44 ° sans un brin d'ombre ont eu raison de ma volonté et je revoie à la baisse mon ambition du matin, j'ai bu 6 bouteilles de 1litre 5 et une bonne dizaine de flacons à la sauce houblonnée journée très éprouvante. 

 

Depuis trois jours je suis au milieu des rizières avec une température énorme. Je pars au petit jour (6h) pas avant car il fait nuit et il dangereux de rouler à vélo la nuit. Je stoppe ma progression vers midi car après la chaleur est insupportable et aucun point d’ombre de la journée. J'ai les pieds et les mains brûlés (cf. photos) je dois remettre mes anciennes tennis et chaussettes ; je suis inquiet mon jour de repos est prévu dans 3 jours j'espère que cela ira ! Après je retrouverais de l'ombre la montagne approchant.

Ta Con

Départ pour Ta Con direction la frontière du Laos ou nous quitterons la route 14 pour reprendre la route 9. Surprise je retrouve une réserve naturelle. Un peu moins longue mais tout aussi dur. Malgré les innombrables montées/descentes la cerise sur le gâteau est un petit col de 8km mais la pente mini est de 10%. Dur, dur et là encore aucune construction ni commerce seule la nature, un spectacle magique de beauté. Je trouverai à manger très tard, mon corps réclamant depuis longtemps, chez l'habitant : un concombre et 2 pains au lait feront le seul repas de la journée après 119km parcouru et un dénivelé assez conséquent.

 

La route 14 spectacle naturel géant, magique, féerique. Depuis les 3 mois que je vadrouille au Vietnam et Laos trouver des sites, comme ceci, d'une propreté exceptionnelle relève du miracle (aucune poubelle sur autant de km et aucun papier ou déchet par terre cela mérite d'être souligné).

Prao Aluoi

Prao Aluoi prévision du jour , magnifique route 14 toujours de bon matin sortie Prao un panneau m'indique une réserve naturel non indiquée sur ma carte tient donc ! Je poursuis ma route dans un décors somptueux et féerique. Chaque km qui passe une végétation dense, si dense que les rochers ne sont même plus visibles. Nous somme en montagne, j'ai deviné que la route serait dur car sur ma carte 2 cols y figurent dont le plus haut à 1200 m et sur 63km de traversée de la réserve. 

Et que nous réserve la réserve,  et bien elle si naturelle que pendant tous ces km vous y trouverez rien, ni habitation, ni commerce même pas la moindre construction seule les vaches les buffles les chèvres, des grenouilles énormes et serpents règnent en maître dans ce milieu magique et tout cela sous un soleil de plomb et sur une route entièrement en béton et qui vous renvoie la chaleur. Je ne sens plus mes pieds, ceux ci sont en surchauffe malgré que mes chaussures soit ajourées. Pour la première fois j'utiliserais mes cachets pour purifier l'eau et à plusieurs reprises je prendrai l'eau qui coule de la montagne seule ressource en eau pour m’alimenter car les quelques friandises emportées sont vite avalées. Au village de Roang à peine 10 maisons, un village qui apparaît de nul part et on se demande comment ils font pour y vivre ! Celui se trouve à la sortie de la réserve j'essaye de me faire comprendre auprès d'une vielle dame toute voûtée par l'âge mais aussi par les durs labeurs qu'elle a du endurée. Mon corps réclame à manger, il est 14h45, et celle ci m’offrira un bol de riz ce sera le seul repas de la journée après 63km d'ascension. 

La gerbe

Hội An départ sous un ciel couvert mais la pluie a cessé pendant la nuit et c’est une bonne chose. Notre objectif Tan Ky, la montagne se rapproche et nous commençons une remontée vers le Laos route 68. Oups erreur d'orientation -> demi-tour droite (ça arrive lol). Notre parcours nous fait rencontrer de nouveau la pluie. Une pluie si violente que nous en avons mal sur nos avants bras et nos  cuisses et arrive à nous transpercer malgré nos tenus imperméables. Insupportable nous trouvons refuge dans le village Thuy Loan. Une accalmie nous en profitons pour reprendre notre chemin péniblement nous avons de l’eau jusqu’à nos pédaliers, un nombre important de mobylettes au moteur noyé jonchent le bord de route. CONN…. Un cul-terreux en camionnette se prend pour Fangio et arrive à vive allure dans cette partie inondée. La gerbe d’eau qui s'en suit nous passe par-dessus la tête et arrose tout le monde sans exception. MERCI ENCORE POUR CE MOMENT MONSIEUR LE CUL-TERREUX.   

Gris mais pas grisés

Notre destination du soir est Quang Tri mais avant une halte s’impose à Cuu-Dinnh pour un bon bain de pieds en Mer de Chine (température de l’eau 20°, l’air à 22° à 7 heures du matin). Ce petit divertissement sera le début d’une journée fin inintéressante. Monotonie du paysage, gigantesques travaux et trafic monstrueux sur cette route 1A. Chaleur, transpiration et poussière font de nous des petits gris non grisés de cette aventure. Hué pointe à l’horizon. Au chant du coq nous décollons mais je décide de nous faire faire un détour par les routes du littoral pour nous sortir de cet enfer. Nous y découvrons d’énormes dunes de sable blanc plantées de résineux, de très belles résidences et des cultures diverses de piment vert, chou et patates douces. Nous arrivons à Hué en début d’après ce qui porte notre compteur à 1000 km depuis notre départ.

Zais cru voir un américain

C’est par la route 48 que nous repartons vers Vinh puis Ha-Tinh de bon matin et après récupération de Françoise. Route paisible ou les rizières ont laissé place à la culture du piment rouge et où les troupeaux de buffles et vaches sont légions. Nous retrouvons sous une chaleur écrasante (36 ° à l’ombre) nos américains avec leur coach. Ils ont décidé de suivre notre route et  nous expliquent que les difficultés vont bientôt arriver car la partie que nous entamons est la plus étroite du Viêtnam (enclavée entre la frontière du Laos et la Mer de Chine). C’est à Cam-Xuyen que nous dormirons après avoir visité un village côtier non répertorié sur la carte. Sublime village de front de mer sur soleil couchant, un régal pour les yeux.

Nhà Ghy pas Nagui

En route (partie 2)

Nouvelle équipe, nouveau trajet, nouveau départ à 8h plein sud par la route longeant la voie ferrée. Malgré l’absence du GPS nous sortons sans difficulté de la ville. Au détour d’une route oups désolé première erreur d’aiguillage qui nous fait arriver devant une prison. « Les portes du pénitencier bientôt vont se refermer ». Renseignements pris auprès des gardiens (très souriants si si) nous retrouvons notre chemin, la route 427, pour nous mener à Huong Tin puis Kim Bai sur la route 21 B (route plaisante longeant des rizières). 74 kilomètres plus loin nous arriverons à l’embarcadère pour la Pagode aux parfums ou le spectacle est plus grandiose qu’il y a de cela 2 mois lors de notre première venue. Nous trouverons une Nhà Ghy (grosso modo une maison d’hôtes) avec vue sur l’embarcadère. Un flot incessant, de cars de touristes et de moines, aura eu raison de notre sommeil au petit matin.

De bonne heure nous prenons la route pour le parc de Tam Coc. La route est couverte de boue (du fait d’une semaine de pluie continue). Qui a osez dire que les garde-boues était superflus à son arrivée ? Sic. Nous prenons direction Chi Né et découvrons des cultures de maïs en escaliers à la place des traditionnelles rizières, des va-et- vient perpétuels d’hommes et de femmes portants à bout de bras ou à dos des m3 de bambous vers des bateaux. Les cultures de maïs laissent place à des élevages de canards et c’est à Ria que le canard ne ria plus une fois dans mon assiette. Un canard au barbecue pour 150000 dong (7 € cela vaut le poulet à 22 € n’est-ce pas Patrick). L’habitante nous découpe le canard en morceau pour une dégustation instantanée, le saupoudre de graines de sésame et d’une sauce inconnue, nous apporte un rouleau de PQ comme serviettes et une cuvette comme rince-doigts. Miam Miam.

Nous ferons une pause dans l’après-midi et profitant qu’un autochtone  lave sa voiture je lui demande s’il pourrait en passer un coup sur nos vélos bien sales. Il accepte en échange de quoi il demande à faire un tour avec mon vélo, transaction que j’accepte. Deux minutes plus tard il revient enchanté de sa ballade, nous repartons et c’est vers 15h00 que nous stopperons dans une Nhà Ghy à Tam Coc (2 nuitées à 14 €).

Opus premier quelques chiffres

Quelques données et chiffres sur ce premier opus :

Distance parcourus : 2734 km

Dénivelé : 27000 m

Un corps d’apollon : - 7 kg

Rencontres : 4 français (dont 3 normands), 1 couple d’autrichien, 1 couple de suédois, 1 japonais avec son vélo de 60 kg, 1 couple de Hollandais dont le mari est en vélo couché.

Matériel : 0 crevaison mais un pneu de changé car déformé par les à-coups à répétition liés aux nids de poule. Est-ce le fait d’un pneu à ossature souple ? Je ne sais. Plus de GPS sous la main (revient Patrick) on repasse aux bonnes vieilles cartes topographiques.

Ce n'est qu'un au revoir mes frères la la la

Cat Ba => Hai Phong : notre reconnaissance de l’île, la veille en scooter, nous a incités à traverser celle-ci en vélo pour reprendre le bac et nous rendre à Hai Phong à 30 km environ. La pluie va modifier nos projets et nous optons pour une traversée sur un bateau plus rapide, une navette expresse quoi (70 km/heure). Nous débarquons toujours sous une pluie fine et pénétrante et retrouvons les joies du vacarme urbain. Nous essayons de sortir au plus vite de la ville afin de retrouver notre sérénité rurale et c’est à Duc Giang, non loin de Hanoï que nous passerons la nuit.

Destination Hanoï et fin de périple pour mes compagnons de route.

Retour au pays pour Cécile, Ginette, Patrick, Alain et Yves (le Nordiste). Nous visiterons avant un village de fabrique de tuiles, un village de la céramique et un village de la soie. Nous nous quitterons sous un temps de normand (vive la pluie). A bientôt les amis et encore merci Monsieur GPS (Patrick), sept semaines de traversée, 2800 km de parcouru et 0 erreur de trajet.

Quant à moi je m’en vais à l’aéroport récupérer d’autres compagnons pour un second périple de deux mois mais cette fois-ci direction plein sud puis Laos, Thaïlande et retour Viêtnam fin avril.

L'île de Cat Ba

Après un séjour de 3 jours sur l’île d’Halong nous reprenons notre trajet en direction de l’île de Cat Ba ou nous avons prévu de prendre le bac de 11h30. Surprise le bac de 11h30 ne partira faute de passagers suffisants. Cinq heures d’attente c’est long. La traversée d’une heure, par contre, sera des plus agréables sur le plan visuel. Les vélos enfourchés et quelques kilomètres parcourus nous stoppons dans un gîte local, trouvé par hasard, à la nuit tombante. Une fois de plus l’accueil est des plus chaleureux. Nous nous laissons tenter avec Patrick par un poulet rôti (excellent) mais avec une note un peu salée à la fin (500 000 dong soit 22 €). Allez tous au lit.

Levé matinal et après quelques visites locales nous arrivons à notre destination du jour et partons en quête d’un hôtel. Nous aurons une chambre avec vue sur le port de Cat Ba. La vie n’est vraiment pas excessive (encore moins chère que dans les terres). Nous louons pour la journée un scooter (4 $), passons faire le plein (35000 dong soit 1.5 € environ) et partons en reconnaissance en faisant le tour de l’île. Ici on ne vous demande aucun justificatif, ni passeport, ni permis, ni caution pour le scooter et l’on redépose le scooter là on l’a pris sans que personne ne le contrôle, les clés de contact étant laissées dans une boite plastique accessible à tous. Très confiants ou fous ces vietnamiens.

Noir c'est noir

Ba-Bé => Halong : après avoir passé une nuit bien salvatrice notre objectif, de la veille, est enfin atteint en cette matinée. Nous entamons une petite balade sur le lac naturel de Ba-Bé pour ensuite rejoindre l’autre rive en tout début d’après-midi.

Nous faisons une pause à Pac Ngoi dans un gîte appelé NHA-GHI (tous les gîtes ont le même nom au Vietnam). La gérante poussera le vice (merci à elle) de nous faire des frites « à la Française » ; quel bonheur ! Le lendemain nous dormirons à Cho puis 80 km plus loin à Chu content de voir la montagne s’éloigner de nous malgré encore quelques montée à 10 %.

Jour suivant nous faisons escale à Thai Nguyen (ville importante au nord de Hanoî). Nous en profitons pour faire contrôler la roue de Patrick qui, au fil de nos trajets, ne s’arrange guère. Le gérant de la boutique nous propose un arrêt de 3 jours (et ce pour réceptionner la nouvelle roue) ou d’acheter un vtt flambant neuf, dernière génération, pour la modique somme de 300.00 €. Nous reprenons notre route jusqu’à Trai Cau, faisant remarquer au passage à mes compagnons de route à quel point il est agréable de faire 82 km sur du bitume de qualité.

Notre course nous poussera jusqu’à Bac Ninh (route 1) pour y passer la nuit. Départ sous une pluie fine et continue sur la journée. Journée difficile sur plusieurs critères (pluie, circulation, charbon). Charbon ? Charbon vous me direz et bien oui ! Cette route est empruntée par de nombreux camions transportant du charbon de la mine toute proche et nous font profiter à chacun de leurs passages de leurs embruns. De plus cette route est très touristique car c’est celle qui mène à la baie d’Halong.

Arrivés à notre hôtel à Halong, le directeur nous propose un décrassage total des vélos et des sacoches pour 10.000 Dong soit 42 cts. Nous acceptions avec plaisir et allons faire de même avec nos frimousses.

 

Baie d’Halong attention arnaques !!

Depuis que cette baie est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO les prix flambent. N’hésitez pas à comparer les tarifs des hôtels (évitez les grands groupes hôteliers près de l’embarcadère), assurez-vous que les tarifs des taxis sont inscrits sur celui-ci et qu’il soit équipé d’un compteur au tableau de bord sous peine de grosses déconvenues pécuniaires.

Morphée pour oublier

Na Hang => Ba Bé : départ 7 heures, la route nous semble difficile et même si nous avons fait la fête la veille au soir, rien ne justifie la dureté de celle-ci. Rien ? Si ! Cette route n’est pas une route mais un col non répertorié sur nos cartes ni par le GPS. Après la pause du midi nouveau col de 11 km à 12 %, où, au sommet, apparait face à nous une route à même les rochers, incroyable !! Nous sommes contraints par moment d’avancer à pieds tant cette route est belle à pratiquer (sic) : pas de revêtement, trous et cailloux gigantesques, etc…

Entre nous nous appellerons cette journée « la journée la plus longue » : 7h – 19 h, 75 km de trajet, 2 km de dénivelé, rincés et éreintés nous ne pourrons pousser notre voyage à son terme (la nuit tombant et la peur au ventre dans les descentes) et nous nous arrêterons à 20 km du point prévu avec une halte à Phu Tong. Les bras de Morphée sont les bienvenus pour oublier cette très éprouvante journée.

Chúc Mừng Năm Mới

Viet Quang à Na Hang encore une journée paisible sur la route 279. C’est le 3ème jour du TET, la fête bat son plein. Les rencontres, les traversées des villages nous glorifient à chaque passage d’un happy new year où Chúc Mừng Năm Mới où bonne année en français. Les invitations à faire la fête avec eux ont été nombreuses et bien que nous ayons stoppé notre route à quelques reprises nous ne pouvons nous attarder sous peine d’être trop en retard à l’endroit prévu. Ces jours de liesse donnent des trajectoires très singulières aux mobylettes et aux piétons (ils sont des nôtres … ils ont bu leurs verres comme les autres !!!).

Rendre service et avec le sourire

Pho Rang départ en douceur pour une petite journée avec un faible kilométrage. Nous prendrons la direction du Nord sur la départementale 279 jusqu’à Viet Quang. Après le passage d’un petit col nous basculons de la province de Lao Cai à celle de Ha Giang sur une route une fois de plus calamiteuse, nos vélos glissants tantôt vers l’avant tantôt vers l’arrière sur des cailloux recouverts de boue. Arrivés à Viet Quang Patrick, toujours ennuyé par sa roue, trouvera un mécanicien de fortune afin de lui arranger cela au mieux. La coopération et le service sont des bases fondamentales pour les autochtones vietnamiens et réparer une roue, en pleine fête du TET et sur l’heure du repas de surcroît, semble légitime à leurs yeux.

Il faut téter le jour du TET

C’est au lever du jour que nous quittons Sapa après deux jours de repos. La tête dans le brouillard et lourde, les yeux encore plongés dans un pseudo sommeil nous avons du mal à avancer, la fête du TET (nouvel an chinois) de la veille nous marque encore. Une ambiance du tonnerre, un repas bien arrosé je dois l’avouer et un couché à 2 heures du matin pour un levé à 7 heures mettent notre volonté à rude épreuve. Un grand merci encore à l’habitant pour ces moments de complicités partagés. Une chance en ce premier « Janvier Chinois » ou tout est logiquement fermé nous trouvons sur notre chemin un café qui nous servira une soupe. Par bonheur les habitants nous avaient incités à faire des provisions en vue de cette journée morte dans les commerces.

A 1600 d’altitude et dans une relative fraicheur (9°) nous entamons la descente du col de 34 km et le polaire est le bienvenu. La descente, encadrée de paysages tous plus beaux les uns que les autres, se fera sans difficulté. Nous arrivons au bout de ces 34 km à la ville de Lao Cai (passage frontalier le plus au nord vers la Chine). Nous prenons ensuite la route nationale 70 qui longe avec les frontières chinoises. Peu ou pas de circulation en ce jour de TET. Une épicerie de fortune nous servira notre repas (nouilles instantanées) avant notre arrivée à Pho Rang.    

Souvenirs Laos

Quoi dire sur le Laos ? Nous avons traversé le massif montagneux du Laos d’Est en Ouest par la route 7. Cela n’a pas été chose aisée. Il serait plus judicieux pour les personnes désireuses de faire ce parcours de descendre un peu plus vers le Sud par la route 8. Mes souvenirs Laotiens resteront la traversée de ces villages de montagne dépourvus d’eau, d’électricité, de modernité en un mot. La précarité des habitations en bambous tranche avec nos maisons et l’hygiène reste très sommaire. Malgré cela l’hospitalité, la convivialité et les sourires fleurissent sur tous les visages à votre passage et les « SABAIDII » (bonjour en français) s’envolent comme une nuée d’oiseaux. Impossible de ne pas « tapé » la main des gamins qui courent à vos côtés où vous suivent sur des vélos de fortune. Pour les ados les plaisirs sont principalement le billard (en très mauvais état) et un sport en vogue : le lancé de tong, le but étant de se rapprocher au plus près d’un pieu ou d’un caillou. En parlant de cailloux ceux-ci servent généralement de triangle de sécurité lorsqu’un véhicule est en panne sur le bord de route ce qui arrive fréquemment. Certaines rizières semblent être à l’abandon ou peut-être sont-elles en jachère ? Certaines rizières comportent des légumes verts comme les haricots à rames ou « mangetout » et d’autres du cresson.

Tchao Laos

Muang Kua (Laos) è Dien Bien Phu (Viêt Nam) voici notre programme de la journée (103 km) avec un col avant le passage en douane. Nous retrouvons enfin des routes bitumées ; quel pied !! Le paysage change au fur et à mesure que nous avançons, la nature est de plus en plus verdoyante. Ce dernier col (18 km) tire dans nos pattes avec sur les 5 derniers km une inclinaison de 10 voire 11 % dans la traversée du dernier village. La frontière est là manque de chance nous sommes arrivés trop tard et tout le monde est parti déjeuner. Nous faisons de même et patientons pendant 3 heures ; heureusement le trafic n’est pas dense à ce poste de contrôle. Pas de bol la descente ne se compose que d’une voie bitumée laissant place par la suite une piteuse route délabrée. La tranquillité  du Laos a laissé place aux klaxons dès l’entrée dans Dien Bien Phu. Nous ferons une escale ici afin de visiter la ville et de contempler les monuments en mémoire à la Guerre d’Indochine (20000 morts côté Français) avec pour souvenir une simple stèle aux morts.

Surprise Surprise

Rencontre fortuite aujourd’hui. Décidément ce monde est très petit. Nous sommes surpris de croiser sur notre chemin de montagne 4 jeunes cyclos français. Encore plus déconcertés de constater que 3 sont originaires de la Normandie (Rouen, Barentin et Yvetot) et le dernier de Saint-Omer dans le Pas de Calais.

Lessivé et rincé

Muang Khua ce matin décollage à 9h (cela change grasse matinée lol), il nous reste 90 km avant de retrouver la frontière vietnamienne. Nous avons convenu hier soir de faire l’étape en 2 fois. L’érosion de notre volonté est due aux passages successifs de tous ces cols et à l’état des routes. Il ne nous reste plus qu’un « petit » col de 12 km, le plus court depuis notre séjour au Laos. Au km 40 nous faisons une pause bien légitime. Pour ma part je suis rincé.

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